Marshall JCM2000 DSL401
- Technologie : Tout lampes (4 lampes 12ax7 en préamp, 4 lampes EL84 en puissance)
- Puissance : 40 watts
- 3 canaux (clean, crunch, lead)
- 2 Equalizers 3 bandes
- Reverb à ressorts
- 1 boucle d’effets en série
- 1 HP de 12’’ Celestion
- Prix : 820 €
Au premier abord, nous sommes en présence d’un Marshall tout à fait conventionnel. Panneau de commandes doré, et ébénisterie recouverte de vinyle noir, du classique ! Comme sur tous les Marshall à lampes, on retrouve également le traditionnel liseré blanc autour de la partie baffle. Comme souvent chez Marshall aussi, nous regretterons les potards qui donnent une certaine impression de fragilité.
Sur ce, après un court temps de chauffe, branchons une Telecaster sur la bête et basculons le standby.
On s’attend logiquement là aussi à un son typiquement Marshall, c’est à dire un son clair discutable, un crunch de bonne facture, et des saturations typées british qui décollent le placo. Et bien non ! Sur le canal clair, la première impression est franchement favorable ! Le grain de la Telecaster est parfaitement respecté, et ça sonne très cristallin, avec une attaque bien sèche, et beaucoup de chaleur. On peut conserver des sons très clairs jusqu’à un volume sonore franchement élevé. Bien sûr, dans ce domaine, ça ne concurrencera pas non plus un Fender Blues Deville (faut pas exagérer). Ca sonne en fait très « Vox ». A coup sûr, les lampes EL84 (très inhabituelles chez Marshall) n’y sont pas étrangères.
En crunch, avec la Telecaster, c’est toujours bon, mais toutefois un peu moins que sur le canal clair. Le grain est agréable, toujours bien typé British, mais c’est surtout la dynamique qui fait défaut : c’est frustrant quand on veut jouer du blues.
Enfin, avec des micros simples, le canal Lead de cet ampli est en fait le moins abouti. Le manque de dynamique devient cruel et le son est trop « raide ». Par ailleurs, ça manque de gain. Dommage, car le grain, très agréable et très Rock and Roll, flatte l’oreille. En rythmiques Rock, ça passe plutôt bien, mais les solistes seront frustrés.
Rangeons donc la Telecaster dans son étui et branchons sur l’engin une bonne vieille Gibson SG des familles, histoire de voir ce que ça donne avec des micros doubles.
Le canal clair est toujours égal à lui-même : c’est pur, profond, chaud… un plaisir !
Sur le crunch, il y a du mieux. Le son gagne agréablement en moelleux et on retrouve un grain à la Joe Perry, avec pas mal de médiums. Pour le blues, ça se passe aussi plutot pas mal, avec une bosse appréciable dans les mediums.
Sur le canal lead, les choses s’améliorent aussi, avec plus de gain et un grain agréable. On gagne aussi un peu en moelleux et en dynamique, mais pas suffisamment pour un tel ampli. Le son reste raide et les nuances du toucher ne sont pas suffisamment bien rendues. Les harmoniques ne chantent pas non plus comme on le souhaiterait.
A noter cependant que les sons crunchs et saturés s’améliorent au fur et à mesure que l’on monte le volume. Master a fond, on ressent clairement un mieux au niveau de la dynamique, et le grain n’est pas sans évoquer agréablement les vieux JCM800.
Au niveau puissance, rien à dire ! Les 40 watts sont présents, et même très présents ! Il est très suffisant pour les répétitions et les scènes de taille raisonnable. Par ailleurs, le Master, très progressif, permet sans problème de jouer à bas volume, dans une chambre.
Pour conclure, nous sommes en présence du Marshall anti-Marshall.. A l’inverse de ses grands frères, ce « petit » combo brille par son canal clair, vraiment bon, et pêche par un manque de dynamique dès que l’on sature le préamp. Bref, ce combo ne conviendra pas à tous les guitaristes, mais il faut l’essayer ne serait-ce que pour les sons clairs qu’il est capable de délivrer. Il a du caractère, on aime ou on n’aime pas, mais il ne laisse pas indifférent et fera à n’en pas douter le bonheur de pas mal de guitaristes.
Fender Hot Rod Deluxe
- Technologie : Tout lampes (3 lampes 12ax7 en préamp, 2 lampes 6L6 en puissance)
- Puissance : 40 watts
- 2 canaux (clean et lead) + More Drive
- 1 Equalizers 3 bandes, commun aux deux canaux
- Reverb à ressorts accutronics
- 1 boucle d’effets en série
- Finition : vinyle noir
- 1 HP de 12" Eminence
- Prix : 900 €
Ce combo tout lampes est directement dérivé du désormais célèbre Fender Blues Deluxe.
L’aspect est délicieusement vintage, avec un panneau de commandes chromé et des boutons de potards « tête de canard » à l’ancienne.
Le canal clair donne un son à la fois rond et très brillant, typique de chez Fender. Le son est chaud, profond, équilibré, claquant à souhait, plein de dynamique. Du pur bonheur. Avec une strat ou une bonne Telecaster, c’est carrément somptueux ! Une référence absolue !
Avec des micros doubles, le son s’épaissit forcément, tout en gardant ce même caractère limpide.
Le switch de bright permet de renforcer encore la brillance.
Autre particularité : ce canal clair ne crunche que très tard, ce qui permet donc de garder un son très clair même à fort volume.
Ce canal clair est tellement formidable que l’on a même pas envie d’activer le footswitch pour passer au canal lead. Et pourtant, là encore, on prend une grosse baffe.
En crunch, le son reste très chaud et les attaques gardent leur côté claquant, ce qui conviendra aussi bien à du blues qu’à des rythmiques rock à la Keith Richards. Le grain de la guitare est bien respecté, et on passera d’un son incisif avec des micros simples à un son plus velouté et délicieusement bluesy avec des micros doubles.
En poussant la saturation, on entre dans le rock, le vrai ! Là encore, la dynamique reste excellente et les variations du jeu sont très bioen retransmises. Selon l’attaque, le son sera doux et expressif, ou agressif. Au niveau du gain, on se situe à peu près au niveau Aérosmith sur l’échelle de satrurax.
Le switch « more drive » renforce le gain et permet d’accrocher du gros rock à la AC/DC. Le gain ne permettra toutefois pas d’accrocher des grosses saturations Hard Rock ou Metal, d’autant que même gain à fond, le son reste ouvert et on est loin des sons ultra-compressés des amplis destinés au Metal. La conséquence directe est un son qui semblera un peu brouillon à certains, et tout simplement délicieusement naturel pour d’autres. En tout cas, que l’on aime ou que l’on n’aime pas, on est bien obligé de reconnaître que ça sonne, que la dynamique est toujours plus que bonne, et que les harmoniques sont bien présentes !
Ce qui est particulièrement appréciable avec cet ampli, c’est qu’il accompli la prouesse de se montrer à la fois typé et transparent ! Typé parce-qu’il sonne résolument Fender, transparent parce-qu’il respecte toujours parfaitement le grain de la guitare que l’on y branche.
Enfin, au niveau puissance, pas de problème : cet ampli tiendra en respect le plus impétueux des batteurs. Ses gros 40 watts seront amplement suffisants pour jouer en club. Et pour ceux qui en veulent encore plus, le Hot Rod Deville est là, avec les mêmes spécificités, mais avec 60 watts et deux HP de 12’’.
Au niveau puissance, d’ailleurs, cet ampli présente un petit défaut contrariant : dès que l’on touche au Master, il envoie sauvagement la gouache, d’un coup ! Pas moyen de jouer à très bas volume, ce qui n’en fait pas un ampli d’appartement (à moins d’avoir des voisins mélomanes et très compréhensifs.
Pour conclure, Fender nous fournit là un excellent combo qui fera face à bien des situations et qui ravira les amateurs de blues/rock.
Par ailleurs, il est aussi possible de faire évoluer cet ampli en le personnalisant, en remplaçant les lampes de préampli et le HP. La base est excellente et se prête fort bien à ce genre de modifications qui vous permettront d’obtenir VOTRE son !